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samedi 24 février 2018

Balade le long de l'Estuaire : Le port des Callonges

De Le samedi, février 24, 2018

Juste avant de tomber malade, nous avons découvert un petit port de pêche  :  le port des Callonges.
Une petite pépite sur les bords de l'Estuaire, qui n'a rien à envier aux petits ports de pêche de la Méditerranée.

Au 19ème siècle, ce port servait au transport du vin et de l’osier pour les propriétés viticoles, et des céréales sur les fameuses Gabarres qui remontaient la Gironde jusqu’à Bordeaux.
Le port des Callonges était alors le 2ème port sur la rive droite Girondine de l’estuaire après Blaye .

C'est intéressant de voir combien l'industrialisation, l'arrivée du train, et les changements de modes de transports ont eu raison de ce petit port et de sa prospérité.
Il a été réhabilité et des croisières sur l'Estuaire partent du port des Callonges et d'autres ports de l'Estuaire. Au printemps peut être que nous ferons une croisière...



Que j'aime ces Carrelets, si caractéristiques du coin. Je les trouve majestueux le long des berges. Ils invitent à se promener, à découvrir les différentes constructions...






Mon Adam s'est prêté au jeu de l'objectif au bout du pont.
Il est comme moi, la mer (enfin l'Estuaire), le soleil et c'est le bonheur ...



Ces bateaux de pêche, sont vraiment beaux. Et j'aurai aimé les voir en action. D'ailleurs, je me demande ce qu'ils pêchent? Anguilles, crevettes? Quels poissons? ...


Le petit plus, c'est que le parc pour les enfants est vraiment très sympathique. Après avoir visité l'exposition de Land Art, dont je ferai un prochain article sûrement sur le blog de notre IEF

Nous avons passé un bon moment avec les enfants dans cet espace sécure, et ludique.
Il y a deux zones de parc, une pour les bébés, où Apolline a adoré faire de la balançoire. 
Et cette super cabane sur le thème de la pêche, était bien sympa.
D'ailleurs Arthur veut la même dans le jardin.
 






Honnêtement, c'est un endroit fantastique, où l'on peut marcher le long des carrelets.
Il y a aussi deux restaurants qui étaient fermés ce jour là. 
Mais nous avons pu profiter  du soleil en s'arrêtant le long des berges. Ou encore, observer la nature et les oiseaux en prenant notre goûter.

Tout le long du trajet, je pensais avec nostalgie à nos sorties en famille en Camargue.
J'avais un peu l'impression que les paysages mélange de plaines, de landes et roseaux, où les oiseaux se posaient en toute quiétude, ressemblaient à nos balades avec des jumelles quand j'étais petite.
D'ailleurs, je vais les mettre dans le coffre de la voiture, ainsi, nous ne les oublierons pas pour nos prochaines escapades le long de l'Estuaire.



Seul petit bémol, en Camargue, on ne longe pas de Centrale nucléaire comme celle du Blayais ...
D'ailleurs, il est a priori possible de visiter la Centrale. Peut être le ferons-nous un jour...





Idée sortie

Les croisières sur l'Estuaires sont organisées de mai à octobre, plus d'informations  : http://www.coeurdestuaire.com/

Des petits bobos de l'hiver, à la résistance aux antibio...

De Le samedi, février 24, 2018

Voilà une semaine, que je suis sous antibiotiques, et j'en ai pour dix jours.

Une semaine, que mes poumons m'ont quitté pour une autre destination. Vers un pays chaud à mon avis. Moi c'est ce que je ferai vu la météo.

Bref, une semaine plus tard,  je suis forcée de constater que mon petit rhume, d'il y a quinze jours, s'est transformé en bronchite, et que les antiobio, ne font plus leur boulot. 
Je fais partie de la génération "antibio à tout prix". Avant que le slogan," les antibiotiques c'est pas automatiques" rentrent dans la caboche des parents, grands parents et aïeuls qui ne juraient que par le remède miracle du Sieur Pasteur.

Donc résistance aux antibio, ça veut pas dire grand chose, mais pour moi, ça signifie pneumonie, infections dès le moindre bobo, etc. Cela veut  surtout dire, que plus rien ne marche.
En 2009, lors de ma septicémie post opératoire, j'ai eu 3 semaines d'antibio en perf...
En 2011, j'ai dû avoir des perfusions "d'antibiotiques à larges spectres" pour enrayer une
pneumonie qui m'a mis "out" dix jours à l'hôpital alors que j'étais enceinte de 6 mois d'Arthur.
Et je peux citer encore d'autres bronchites, pneumopathies etc...

J'ai remarqué, que mon corps avait de plus en plus de mal à lutter contre ces fameux "bobos" de l'hiver. 

En faisant quelques recherches, j'ai pu lire quelques articles sur ces fameuses résistances que l'on développe aux antibiotiques. Et notamment un article de l'OMS *, qui prend le sujet très au sérieux.

D'ailleurs, dans son "factsheets", l'OMS énonce :

  • La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement.
  • Elle peut toucher toute personne, à n’importe quel âge et dans n’importe quel pays.
  • La résistance aux antibiotiques est un phénomène naturel mais le mauvais usage de ces médicaments chez l’homme et l’animal accélère le processus.
  • Un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose ou la gonorrhée, la salmonellose, deviennent plus difficiles à traiter les antibiotiques utilisés pour les soigner perdant leur efficacité.
  • La résistance aux antibiotiques entraîne une prolongation des hospitalisations, une augmentation des dépenses médicales et une hausse de la mortalité.

Wouhaaaaaa, je ne suis donc pas la seule au monde, à développer ce type de résistance . Je le sais  biens sûr, mais j'avais besoin d'un rappel pour mon nombrihilisme autocentré personnel  sur moi-même.

Ce qui m'a interpellé c'est cette petit phrase : 
 Si nous ne prenons pas des mesures d’urgence, nous entrerons bientôt dans une ère postantibiotique dans laquelle des infections courantes et de petites blessures seront à nouveau mortelles."

Et là ma vieille, me suis-je dis, t'es foutue . (ou pas)
Du coup j'ai continué ma petite lecture pour en venir à ce qu'il faut faire  en matière de prévention et de lutte. A priori l'usage abusif et excessif des antibiotiques accélère le phénomène de la résistance.
Cela, je le savais déjà!
Mais en vrai,  à mon petit niveau, que puis-je faire? Et là, l'OMS donne la marche à suivre :
  • n’utiliser ces médicaments que s’ils sont prescrits par un professionnel de santé qualifié;
  • ne jamais exiger d’antibiotiques si votre agent de santé vous dit que vous n’en avez pas besoin;
  • toujours respecter les conseils du soignant lorsque vous utilisez des antibiotiques;
  • ne jamais partager vos antibiotiques avec d’autres personnes ou utiliser les médicaments qui vous restent;
  • prévenir les infections en vous lavant régulièrement les mains, en suivant les règles d’hygiène pour la préparation de la nourriture, en évitant les contacts proches avec des malades, en ayant des rapports sexuels protégés et en tenant vos vaccinations à jour;
  • préparer les aliments de façon hygiénique en respectant les Cinq clés pour des aliments plus sains (les garder propres, séparer les aliments crus et cuits, bien les cuire, les conserver aliments à une température adaptée) et choisir des aliments, notamment les produits d’élevage sans antibiotiques.
 Et je lis des trucs qui me font un flash digne d'un défilé de mode, de quoi me prendre pour Anna Wintour, lors de ses arrivées aux défilés. Bah, quoi j'ai pas l'âme d'une mannequin (et pas le physique) . Bref, "ne jamais exiger d'antibiotiques", "toujours respecter les conseils du soignant".
Et surtout ne jamais partager ses antibio. Imaginons un peu la scène chez le médecin,  lui mettant un couteau sous la gorge "l'antibio ou la vie"...
Bref, non, le médecin est tout aussi responsable de sa prescription que le patient qui le prend.
Ou encore "chéri tu veux partager mes antibio? Un pour toi, un pour moi et hop tout va bien".
Il y a mieux comme partage.
Après se laver les mains. Encore faut-il le pouvoir. Je pense aux pays où l'eau est une denrée rare.
Et surtout "en évitant les contacts proche avec des malades".Je pense que la personne qui a rédigé cela, n'a pas songé une minute aux mères de famille. Parce que même malade, il faut continuer à gérer le quotidien.
Surtout si comme chez moi, les microbes ont attaqué la famille. Et que les antibio ont fait leur boulot. Impossible d'éviter les contacts, câlins guérisseurs et autres gestes maternels.

Bref, ces recommandations, je les applique depuis toujours ou presque.
Est ce que ça m'a évité cette résistance? Non pas vraiment.
Surtout que je note que mon fils Arthur qui n'a pourtant pas usé et abusé des antibio dans les 5 petites années de sa vie, est aussi résistant que moi aux antibio.
Et tout comme moi, il met du temps à s'en remettre, ce qui tu l'imagines, m'inquiète pour la suite.

 Donc,  je me suis posée la question de savoir justement, si la consommation d'antibio externe à toute prescription  pouvait en être tout aussi responsable. Parce que soyons clair,  je ne suis pas veggie, vegan, végé etc. Et je mange de la nourriture qui a régulièrement été traitée.
Et par nourriture  j'inclue un peu tout comme les laitages ou tous les produits issus des bestioles à poils ou plumes. Et j'assume mon côté carnassier.

Je m'interroge car l'OMS préconise de choisir des aliments, "notamment les produits d'élevages sans antibiotiques. "

Bref, cette réflexion  va si loin qu'un seul article ne suffirait pas. De toute façon à 8 jours d'antibio, mon cerveau montre des signes de fatigues extrêmes. A moins que ce ne soit la maladie traitée qui m'achève telle une vilaine grippe saisonnière. En attendant de m'attarder et me questionner sur comment me procurer de la viande, sans hormones et sans antibio. Je vais essayer de finir mes 10 jours d'ordonnance, et de survivre jusqu'à mon  anniversaire.

Alors vive le système D, un brin à l'ancienne, comme les jus d'orange, de citron et  de miel. Les "GROG" bien chauds, le tout, accompagnés de kiwi à gogo, et de thé, tisanes bien chaudes.

A cela je rajoute des douches bien chaudes pour aider à respirer, avec la vapeur. Pas très écologique, ni économique, mais ça aide (en plus de la Ventoline).

Et Antibio ou non, j'aurai la peau des microbes qui m'achèvent depuis plus d'une semaine une semaine !


Et chez toi, antibio, pas antibio? résistance, pas résistance?


*OMS: Organisation Mondiale de la Santé.

Pour aller plus loin

Article de l'OMS de Octobre 2017: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/antibiotic-resistance/fr/

vendredi 9 février 2018

Regard d'une vieille blogueuse: ce besoin de déconnecter des réseaux sociaux...

De Le vendredi, février 09, 2018
Ces derniers temps, j'ai eu besoin de déconnecter. D'ailleurs ce besoin, je l'ai encore, il m'apaise.
Il m'apaise, car il me permet de reprendre mon souffle. De réagir avec moins de cœur, moins de véhémence, face à ce que je peux lire, voir, ou encore entendre...

Je vais moins sur les réseaux sociaux. Je me désintéresse de  Facebook parce que ce réseau, ne me correspond plus. Et je poste moins.

Je poste moins sur Instagram mais j'aime toujours ce réseau social, que je trouve si simple si instantané. Je ne regarde plus les tweets, et je ne tourne plus de vidéo. D'ailleurs, je n'en regarde plus, lassée par le temps perdu 10 minutes par là, et par là... et au finish je sombre dans les vies des gens, devant leurs courses, la vie des enfants etc...

Je reviens prochainement à la vidéo. Mais toujours en restant moi, sans me perdre, enfin j'espère...                                                                                                                                                                         

Je ne pensais pas avoir besoin d'une détox numérique.
J'aimais vraiment faire mon tour du "monde" et voir chez les autres.
Mais je me suis rendue compte, que c'était presque intrusif.
Comme si je regardais par le trou d'une serrure.
J'ai alors changé ma vision de ce que ce monde pas forcément bienveillant pouvait m'amener, me donner ou même partager.                                                                                                                                                                                                                                                          
Pourquoi un tel changement? 

 Je suis maman à la maison. Je suis loin de mes amies, loin de ma famille, et je n'ai aucune envie de sympathiser avec mes voisins, qui lorsque je dis "bonjour", ne prennent même pas la peine de répondre.

Mon réseau social se limite ici, à ma vieille proprio de 96 ans, aux appels et texto avec mes amies pour de vrai dans la vie, et  aux échanges que j'ai sur internet . 

Je crois que cet isolément m'a permis un temps  de me lier autrement. Au début, j'étais heureuse de partager sur mon expérience de maman. Venant de la blogo "couture", j'étais vraiment contente, de trouver de la bienveillance, et des conseils pour ma vie de mamans. De me faire des "amies"
mamans blogueuses. Je lisais leurs blogs, j'aimais les lire, leur parler, commenter et échanger.

Au fil du temps, la blogo a changé. Comme happée par les partenariats, concours, et courses aux "like". C'est devenu récurant de voir des cagnottes de fins de mois difficiles ou de participation
pour des achats type voiture, des complaintes 10 fois par jours sur la petite vie minable de la
maman au foyer. Il m'arrive aussi d'en faire, et ce n'était pas mes habitudes avant.
Mais il y a aussi  des histoires sordides. Et ce qui faisait la blogo "bisounours" s'est transformé  en jalousie, comparaisons, et surtout "moi j'ai toujours raison".

Les partages et échanges ont fait place à de nouveaux dialogue moins communicatifs, plus fermés, et surtout plus violents.


Pour tout avouer,  j'en ai marre des mamans ultra parfaites. Je ne supporte plus les "trolls" qui viennent donner des avis ultra négatifs et qui ont toujours raison. Ou des réponses: "moi je sais,
alors tais toi".

J'en ai marre, de voir qu'il faut sans cesse faire mieux, pour être mieux vues ou avoir plus de vues...
Je blogue depuis 2005  les stat je m'en suis jamais souciée.  Mais ce besoin augmente avec les réseaux sociaux. Ce n'est pas moi, ce n'est pas pour moi ! 

En vrai, ce qui a créé ce besoin de déconnection, c'est que j'ai fait la découverte d'une blogueuse copicat, qui copie articles, styles vie etc...  et me traque partout depuis quelques semaines.
Au début, on en rigole avec les copines (Mel si tu passes par là). A la fin, on se pose des questions,
et on ne supporte plus de voir sa photo en peinture, le moindre commentaire, ou encore sa liste
d'amis grossir avec mes propres amis  et membre de famille sur Facebook ou Instagram.
Comment alerter les autres? Comment s'en débarrasser? Comment ne plus la voir?

Elle m'a montré ce que les réseaux sociaux avaient de pire. Des gens parfois instables et surtout inquiétants qui prennent la vie des autres pour la leur. D'où mon silence depuis plus d'une semaine. J'avais besoin de "réfléchir" à l'après...

 J'ai toujours dit, que sur ce blog, je reste moi, sans chichi, sans blabla, mais moi et moi  avec tout
ce que cela représente. Mais je ne veux plus subir les "autres" .
Alors je reprends les rennes de mon "tout numérique" de mes réseaux sociaux, de ma vie en ligne. 
Et je me déco du négatif ...


Et toi, as tu déjà eu cette impression, ce besoin?  








dimanche 28 janvier 2018

Juste un immense merci !

De Le dimanche, janvier 28, 2018
Depuis mercredi, j'ai écris plusieurs articles. Mais je n'arrivais pas à les publier. Non pas que la plateforme Blogger avait un soucis. Non pas que mon PC avait une défaillance (pour une fois).
Non, juste parce-qu'il m'était difficile de reprendre des sujets du quotidien, avec tous les témoignages que j'ai reçu. Que cela soit par mail, par MP, par commentaires, pas moins de 113 femmes, ont témoigné des souffrances qu'elles avaient vécu et du tabou au quotidien.

Je ne pouvais pas reprendre, sans en parler ici avant.


Merci à Hellocoton d'avoir partagé cet article . Mon article. Mon témoignage !


D'une part, j'ai été surprise par l'engouement sur mon blog, et le nombre de visiteurs. Cet article a été vu plus de 7000 fois. Juste cet article.

Et j'ai commencé à recevoir les réponses. Quasi toutes avec une détresse, de l'incompréhension,
de la colère, et parfois sûrement une haine contre le corps médical qui n'avait pas été tendre.

Ces mots sur des maux, m'ont touché, percuté, à chaque passages difficiles.
Un vrai tsunami de violences obstétricales, une vague de méchanceté, un ouragan de violence.

J'ai pleuré 2 fois.

Parfois, un an après, les douleurs physiques persistent, je pense à Steph dont l'entourage ne comprend pas POURQUOI un an après elle souffre encore.
Parfois, 5 ans après la peur d'une future grossesse suite à un accouchement barbare, empêche de désirer et de mettre en route un petit second. 

Parfois les gestes ont été brutaux, intrusifs, et inhumains.

J'ai lu les mots violents dans des moments, où la sensibilité , l'empathie, et la compassion auraient dû entourer les femmes, comme la perte d'un enfant et des actes médicaux qui suivent.

Ces 113 témoignages, je les garde pour toujours.
Je vous dis Merci pour votre courage.
Merci pour avoir écrit et posé des mots sur vos maux.
Le chemin est long jusqu'à l'oubli. D'ailleurs peut-on vraiment oublier? 

Vous n'êtes ni "stupides", ni "sottes", ni "faibles", ni "responsables".
Vous avez subi, vous êtes "victimes". Nous sommes des victimes!

Vous avez le droit d'en parler, de le dénoncer et d'avancer. C'est le meilleur moyen de montrer à
ces personnes qu'ils nous ont fait plié sur le moment comme un roseau. Mais nous nous relevons,
 et continuons à vivre sans être brisées.

Vous m'avez touché avec vos mots, dans mon coeur de femme.  

Vous m'avez appris tellement par vos témoignages, que j'ai juste envie de vous dire :

MERCI...


 

mercredi 24 janvier 2018

La violence obstétricale: un sujet tabou?! ...

De Le mercredi, janvier 24, 2018


Je lisais l'autre jour l'article  sur le blog de Quatre Enfants. Où, j'ai découvert que l'on a un
parcours un peu similaire, sur certains points. Cet article, j'aurai pu l'écrire. Il est au fond de mes tripes,avec toutes ces petites phrases assassines, de méchanceté verbale, et d'erreurs .
J'ai pleuré des litres, et des litres de larmes depuis avril 2003.

Il y a eu cette "spécialiste" de la fertilité dans son cabinet privé, qui m'a dit pour la toute première fois "vous n'aurez jamais d'enfants".  Cette petite phrase entendue bien souvent avait fait de moi une fleur sans fruit.Et pourtant, si elle s'était donné juste la peine de me laisser de l'espoir...

Il y a eu tous ces gynéco qui me voyant ronde,  le cul à l'air, les pieds dans les étriers me dire, que mon gras faisait obstacle à l'écho pour voir mes organes,  que la sonde était plus indiquée. Je l'ai accepté. Il y a eu  des gestes violents avec cette sonde. Avec les "on voit rien avec cette paroi et votre gras" . Enfonçant plus violemment l'objet douloureux.
Moment douloureux et violent, où on serre les dents puis on attend que ça passe.

Les "perdez du poids" , les "on fait pas d'enfants quand on est ronde", ''pas de traitement, si vous ne perdez pas de poids" .
Alors que nous entrions dans un parcours du combattant, pour essayer de faire un enfant avec la PMA.

Il y a eu la septicémie. Celle qui allait changer ma vie à jamais.  Cette petite coelio pour bilan d'infertilité, où un stérilisateur en panne, a donné  quasi 3 mois d'hospitalisation.
Je me souviens de la visite du chirurgien, qui m'avait dit  :
"on peut rien faire pour vous, maintenant , vous ne rentrez plus dans les protocoles FIV. " 
Il était là, souriant, pendant que moi je venais de perdre mon pancréas, une partie de mon foie et presque ma vie avec une embolie pulmonaire. Il était là, brisant ainsi tous mes jolis rêves de maternité...

Puis il y a eu lui. Lui ce grand docteur, qui a permis que je puisse porter la vie.
D'une phrase libérant mes angoisses, "on sait aider les femmes à faire des enfants, je vais vous aider".Lui, il a sauvé ma vie.

Tous ces maux, n'étaient rien, en comparaison de ce que j'allais vivre DURANT mes grossesses. Parce qu'une fois enceinte, le fait d'être obèse et diabétique, était considéré comme le mal absolu. Quand on a relancé le 2 eme en route, c'était un sacrilège.
Entre les "on ne fait pas d'enfants quand on est  obèse et diabétique" . "c'est désiré?" parlant de la grossesse 1 ou 2 ou 3.  . La diabéto de la maternité de Bayonne , qui devant mon mari, a dit "vous allez griller le cerveaux de votre fils madame", récidivé avec une autre diabéto à Libourne pour Apolline.Et moi pleurant comme une madeleine à chaque fois.
Culpabilisant à un point inimaginable d'être si grosse, et si diabétique.

J'avais l'impression, d'être torturée par un corps médical qui n'avait aucune bienveillance. 

Il y a eu l'hospitalisation de force pour la grossesse de Adam. Arrivée à 35 sa et je suis sortie avec mon fils dans les bras 3 semaines plus tard...
Cette hospitalisation était accompagnée d'un odieux chantage : " si vous ne rentrez pas en hospitalisation aujourd'hui, (alors que Adam et moi allions bien), vous n'aurez plus d'obstétricien, ni de maternité".
35 sa, j'étais à bout de nerfs, je n'arrivais pas à imaginer ma vie sans mon fils Arthur pendant les semaines qui restaient. Et je n'ai jamais accepté ce  chantage.
Détestant à mort ces gens et les maudissant dans ma tête sur 10 générations bien sur.
Mais la gynéco a su faire de la naissance de mon fils un doux moment.
Alors je lui ai enlevé quelques générations maudites , mais pas toutes...

Puis la violence physique a été tout aussi présente. Les intrusions pour contrôle de col à tout moment (j'étais là car diabètique, pas en travail). Les parties intimes à l'air devant 2 ou 3 personnes que je n'avais pas vu avant, qui venaient "apprendre" sans se nommer...

Les repas qui m'affamaient, car j'étais "diabétique". Je ne me piquais plus, tellement j'étais basse.
Et quand je leur disais, que ça n'allait pas, on me répondait "c'est comme ça , on ne mange rien quand on est diabétique".

Et j'ai mis des petits mouchoirs sur tellement de vilaines choses et tellement de rêves. Comme accoucher "normalement" sans césarienne imposée car obèse et diabétique .

 Je crois que pour la dernière grossesse, j'ai eu" pire "que pour toutes les autres réunies.
Et je ne parle pas de mon arrivée où la gynéco m'a quasi insulté.
Ou encore, du "on revient dans un quart d'heure", à 11h et où je n'ai vu personne avant 17 h.
Me laissant avec mes contractions douloureuses, ma fatigue, et mon agacement d'avoir pour tout ressucrage un yaourt et des sucrettes.Passer de 1 à dilatation complète, seule dans ma chambre.
J'ai dû descendre en catastrophe en salle de naissance, puis au bloc sans un mot, avec mes angoisses, mon stress, et mes douleurs...

J'étais là, après 24 h de contractions, à dilatation complète, nue, installée sur le bord de la table d'opération,  avec l'interne en anesthésie, qui tentait pour la énième fois de piquer mon dos, et de me faire cette foutue rachis/péri (les deux, car je suis résistante aux anesthésies).  Hurlant qu'il me faisait mal. les "ne bougez plus sinon", systématiquement accompagnées de  douleurs horribles, des décharges électrique dans la jambe gauche... Pleurant, dégoulinant de morve, observée par 10 personnes, masquées bras gantés ,et qui n'ont jamais eu l'idée une seconde de me tendre un mouchoir. Je me souviens d'avoir prié que mon calvaire s'arrête, d'avoir voulu mourir à force de souffrance.
 25 minutes plus tard, sa "chef" me sermonnant sur mon côté "douillette" après 17 essais,
y est arrivée d'un seul coup elle, et sans souffrance.
Puis on m'a demandé de me positionner au milieu de la table. Sans aide bien sur, alors que je suis paralysée par la rachi/péri et toujours morveuse dégoulinante.  J'ai rampé à la force de mes bras, ronde, douloureuse, humiliée, pour me placer comme je pouvais. Jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger du tout. Je revois ces paires d'yeux silencieuses, qui n'avaient même pas la gentillesse d'un "on peut vous aider madame" trop occupés à discuter entre eux, à me fixer, et surtout à rester stériles. J'ai vraiment eu l'impression horrible d'être un horrible numéro de cirque que l'on regarde, d'être la femme barbue, le monstre marin ...

J'entends encore la gynéco, qui m'avait claqué qu'elle en savait plus que moi sur le diabète, quand
je lui disait que 1.40 de glycémie, après 24h de contractions, c'était normal....
 Me dire "le liquide est teinté, c'est a cause de votre diabète" que j'ai failli tuer ma fille.
Alors qu'en vrai,c'était LE jour de ma fille.  Et par deux fois ils avaient essayé d'arrêter les contractions avec des piqûres douloureuses.

Alors que je lui disais de faire attention de recoudre droit, et de ne pas me faire le sourire du Joker dans Batman comme lors de ma première césarienne en urgence. Rectifiée par lors de ma précédente césarienne.. Je me retrouve de son côté avec une partie tombante, douloureuse créant un bourrelet que je n'avais jamais eu avant. J'ai appris dernièrement que mon unique trompe avait été pliée sous l'utérus, par erreur, ou volontairement avec peut être pour but une pseudo stérilisation ...
Combien de douleurs j'ai pu avoir à ce niveau. A ne pas pouvoir marcher plus de 5 minutes...
Le gynécologue post op, m'avait dit "c'est normal madame, avec 3 césariennes c'est plus difficile de se remettre".

Cette intervention, n'a rien eu de facile. Ni le avant,ni le pendant, ni le après. Cette violence verbale et physique, m'a blessé au fond de moi comme jamais.

Je pourrais parler de boucherie pour d'autres faits, qui ont eu lieu durant l'intervention.
Mais à quoi bon?
 Je n'arriverais jamais à oublier, que ce jour là, la naissance de ma fille a été une torture.
Je n'ai pas pardonné le après, et ce qu'ils m'ont fait subir "à cause de mon diabète"...
Mais c'est une autre histoire...

Alors la violence obstétricale, verbale ou physique, l'humiliation, l'absence de  respect, voir de bienveillance, j'en ai soupé. Ce qui m'attriste et me rassure, c'est que ne suis pas la seule à subir.
Nous sommes nombreuses, à ne rien dénoncer. J'ai lu à la suite de l'article du blog Quatre Enfants, de nombreux témoignages, sur les forums, sur les sites tels que Mamanandco...

Ce qui me met en colère contre moi-même, c'est que j'ai honte parfois. Que je n'en parle pas.
Que je mets un petit veto à ce sujet tabou.  Moi qui dans la vie, dis tout haut les choses. Moi qui blesse souvent par trop d'honnêteté et de franchise.Je restais là, sans rien dire.Mon mari aussi impuissant que moi, devant ces gens qui se prenaient pour Dieu, intouchables, et tellement inbuvables.

J''étais en état de faiblesse, et j'ai honte d'avoir subi et de n'avoir rien dit. 


Et toi, as tu vécu ce type d'expérience? 




Pour aller plus loin:

L'article lu il y a quelques semaines : https://quatreenfants.com/2017/08/27/mes-petites-violences-obstetricales/

http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/08/30/la-violence-de-l-accouchement-en-question_5178270_1651302.html

http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2017/08/18/lete-historique-ou-les-violences-obstetricales-ont-fait-le-buzz/

https://www.buzzfeed.com/sandrinechesnel/10-femmes-nous-racontent-les-violences-obstetricales?utm_term=.qaJnR65v#.alrBRMnw


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